Lady Charlotte Guest

Lady Charlotte Guest est une femme étonnante du XIXe siècle. Elle naît le 19 mai 1812 dans le Lincolnshire, un comté à l’est de l’Angleterre. Enfant, elle montre très vite de grandes aptitudes pour les études, notamment dans l’apprentissage des langues. Elle connait rapidement sept langues dont l’Arabe, l’Hébreu et le Persan

A 21 ans, elle emménage à Londres et y fait la rencontre de John Josiah Guest, un industriel de l’acier gallois ; tous deux se marient et partent vivre dans le sud du Pays de Galles. Lady Charlotte Guest aura dix enfants.

Elle montre un intérêt accru et une implication évidente dans le paysage social et intellectuel gallois, langue qu’elle apprend d’ailleurs très vite. A cette époque, l’Europe connaît un regain d’intérêt pour la matière populaire locale. Lady Charlotte Guest fait partie de la mouvance et du renouveau celtique en vogue. Elle rencontre le breton Théodore Hersart de la Villemarqué connu pour avoir rassemblé de nombreuses légendes bretonnes dans un recueil, le Barzaz Breiz.

Elle entreprend de traduire en anglais une partie du Livre Rouge d’Hergest grâce à son ami John Jones, qui étudie au Jesus College d’Oxford où le manuscrit est conservé. Sa traduction des Mabinogion devient l’ouvrage de référence pendant plus d’un siècle. Le premier volume est publié en 1838. Lady Guest y a également ajouté le Conte de Taliesin. Ce recueil sera traduit en français au XXe siècle par le spécialiste de linguiste celtique Pierre-Yves Lambert, sous le nom « Les Quatre Branches du Mabinogi et autres contes gallois du Moyen Âge« .

Lady Charlotte Guest a également traduit de nombreux poèmes et chansons de l’ancien gallois médiéval.

Son mari meurt en 1852 et elle décide alors de reprendre la gestion de l’usine d’acier, ce qui fut particulièrement compliqué à une époque où de telles responsabilités incombaient aux hommes.

En 1855, elle se marie de nouveau, avec Charles Schreiber, un universitaire de Cambridge. Elle se met alors à voyager et à assembler une très imposante collection de céramique, qui sera léguée au Victoria and Albert Museum à Londres, à sa mort, le 15 janvier 1895.